RECIT de Maud SAPIN sur sa GARDE A VUE. Vive la Police !

28 Flares Twitter 28 Facebook 0 Filament.io 28 Flares ×

COMMENT MA VIE A SUBITEMENT BASCULE DANS L’ENFER DE L’ACCUSATION ET DE LA DETENTION, alors que je suis parfaitement INNOCENTE
MON RECIT

(Les 10, 11 mars 2010)
Ici, j’écris et vous livre sans pudeur, avec les détails encore frais, ce que j’ai vécu, tel que je l’ai subi et ressenti les lundi 08 (journée de la femme !) et mardi 09 mars 2010. J’ai besoin de faire savoir au + grand nombre quels sont les traitements dégradants, indignes, inhumains que m’ont imposés des fonctionnaires de l’état (l’adjudant X….. et son équipe de la gendarmerie de ma ville en 38, sous les ordres du vice-procureur du 38, Monsieur X……).

Lundi 08 mars, il est 14 h 15 environ je rentre chez moi, j’aperçois deux gendarmes dans le hall vitrée de l’entrée de l’immeuble où je vis, puis ils montent dans leur voiture. Je relève mon courrier, trouve une convocation de la gendarmerie donc ils sont venus pour moi. Je lis cette dernière en montant l’escalier. Je dois me présenter le + tôt possible à la brigade munie de mon permis de conduire. De suite chez moi, j’ouvre mes papiers de voiture pour vérifier sa présence. Immédiatement, on frappe fort à la porte, j’ouvre, les deux gendarmes que j’avais aperçus sont là. Bonjour , leur propose d’entrer. L’adjudant X….. me demande mon permis, je lui remets de suite puisqu’il est ouvert sur ma table de cuisine. Il s’agit d’un duplicata de 1976 car l’original, obtenu en 1974 –dont je n’ai pas gardé de copie, hélas pour moi !- m’a été volé, ainsi que la voiture dans laquelle il se trouvait. Après examen succinct, pas de doute pour ce monsieur, au moins 5 anomalies le confortent dans sa conviction, IL EST FAUX !
Je lui demande comment on sait que le numéro est faux : fin février 2009, j’ai été verbalisée par la gendarmerie de 01 pour vitesse supérieure à 50 km/h. Le numéro de mon permis a donc été relevé ; à la remise du point perdu -fin février 2010-, donc un an après mon infraction, découverte que ce document portait un numéro qui ne correspondait pas à mon identité, et le branlebas de combat s’est mis en route … Je suis coupable d’office de FAUX et USAGE DE FAUX, et absence de permis ! Sans aucune preuve, juste des suppositions, des suspicions !
Quoi ? Impossible pour moi, car je détiens, en ma stricte possession, ce document depuis 34 ans, et n’en ai jamais falsifié une virgule. Forcément je ne suis pas crue, je mentirais. Il me dit qu’il est « expert » en la matière … qu’il ne faut pas lui faire à lui ,,, il sait parfaitement reconnaître … etc. Foule de questionnements : pourquoi ceci et cela, traces et manques de …Voici les raisons qu’il m’avance :
-ce papier est sans filigrane obligatoire (il a regardé avec une loupe),
-ma photo est agrafée alors qu’elle devrait être maintenue par des œillets,
-il n’y a pas de trace du tampon de la préfecture de 38 sur la photo, et s’il y en avait eu ça se verrait,
-document taché à deux endroits,
-l’emplacement de mes deux noms est légèrement orangé sur la couleur de fond rose, c’est moi qui l’aurais falsifié !
-étrange qu’il soit délivré à Lyon et tamponné de l’Isère,
-enfin, le n° inscrit sur ce document ne correspond pas à mon identité (là, je suis étonnée).
J’ai recouvert ce document de plastique pour le protéger, le faire durer en bon état, la fuite d’une bouteille d’eau dans mon sac l’avait un peu abîmé. Il dit me suspecter d’avoir voulu cacher quelque chose en le recouvrant ! là, je le trouve tordu !
Ce document m’est retiré d’office et suis priée de me présenter immédiatement à la brigade pour m’expliquer en audition. Je suis pourtant claire, mon permis ne m’a jamais quittée, je suis très étonnée, mais pense immédiatement à une grossière erreur qui sera découverte très vite. J’ai un rendez-vous à 17 h avec un éventuel acheteur de mon appartement, je range donc vite mon lieu de vie et me présente au commissariat, reçue et auditionnée par ce même adjudant X…… Il est env. 14 h 45.
Attitude de pression, d’accusations implicites, menaces : « commencez par enlever ce chapeau ! » me lance-t-il sèchement, « c’est vous qui avez falsifié, dites-moi la vérité, ça risque de se corser pour vous, c’est vous qui avez écrit, gratté … » j’en passe. Multiples questionnements sur des lieux, des dates, ma mémoire de 34 ans en arrière me fait défaut sur les détails précis. Je maintiens et répondrai sans cesse la même chose : ce duplicata est bien celui que j’ai reçu d’une instance préfectorale il y a 34 ans, sans aucune falsification de ma part.
« Ah ! Vous ne dites pas la vérité ! »… donc je suis avertie vers 15 h 00, sans ménagement, de ma garde à vue immédiate pour 24 h, c’est une demande du procureur ! Quoi ???? Je me sens dans un mauvais rêve, abasourdie, je garde encore espoir que l’erreur soit trouvée rapidement. Il me demande si je suis au courant de la polémique de garde à vue en ce moment, je ne comprends pas ce qu’il dit, je ne me souviens même plus si j’ai répondu ou non et quoi.
A partir de là, j’ai des droits qu’il me signifie : être assistée d’un avocat ou de mon médecin et un seul coup de fil que je ne passerai pas moi-même. Un instant je réfléchis, non pas besoin, tout va bien se clarifier très vite, forte de ma conviction je dis non. Là, je crois maintenant avoir fait une erreur qui me coûtera cher dans ma descente aux enfers.
Des questions posées sur ma santé, mes médicaments, je réserve ma réponse estimant qu’il fait intrusion dans ma vie privée.
C’est cet adjudant qui appellera mon fils pour lui signifier que sa mère est en garde à vue, il est absent, il apprendra cette nouvelle en lisant son répondeur à son retour ; il rappelle et n’aura comme réponse qu’il se peut qu’il doive m’apporter à manger si la garde à vue se prolonge (ici on oblige l’hébergement mais le couvert n’est pas compris), tant que preuve de vérité ne sera pas faite sur ma détention de permis de conduire.
Mon audition se poursuit, je donne sans cesse les mêmes réponses, parfois je ne me souviens plus bien de détails 34 ans en arrière, date de l’obtention de ce duplicata. J’ai envie de hurler à l’injustice d’être là, pourtant les forces me manquent, me sens fatiguée, presque coupable. Je tente à plusieurs reprises de raisonner cet homme, rien n’y fait.
L’adjudant passe des coups de fil à la préfecture du 69 où je ne suis pas connue (*) ?? Le comble ! C’est pourtant bien à cette préfecture qu’il m’a été délivré ! A mon assureur : impossible de retrouver mon permis original de 1974, à l’auto-école où j’étais inscrite qui a changé, trop ancien plus d’archives, donc plus de preuve !
Mes objets et bijoux personnels me sont retirés (barrette, boucles d’oreilles, bague, montre) et mis dans une enveloppe par une jeune gendarme qui, à mes yeux, n’a de femme que le nom.
Là, vont s’enchaîner diverses mises à l’épreuve. Il y aura les regards suspicieux des gendarmes présents ; je me sens telle une criminelle, une mafieuse, alors que je sais que je n’y suis pour rien, j’ai tellement honte d’être là ! Je ne suis plus lâchée d’une semelle entourée d’un ou deux gendarmes. Il y aura une séance photos, face, profil, gros plan, 2 séances de prise d’empreintes de tous les bouts des doigts et des demi-mains, la honte me monte au cœur, il faut vérifier si je suis fichée quelque part, connue du grand banditisme, aurais-je braqué une banque ? L’adjudant demande que je sois fouillée ! Je ne comprends pas pourquoi … Mais je suis venue pour découvrir cette erreur de numéro et je vais être fouillée !!!
Je retrouve cette fonctionnaire arrogante, fermée, au regard, froid, sans aucun tact, qui a confisqué mes objets. Elle se charge de ce traitement inhumain, dégradant qu’est la fouille au corps, fouille à nue, qui aura lieu dans une des cellules d’enfermement. Je lui pose des questions, lui dis que je ne comprends pas, trop injuste, elle me dit qu’elle fait son boulot ! Je refuse de me déshabiller « vous n’avez pas le choix, c’est la procédure » m’ordonne-t-elle. Je sens bien que mes mots ne l’atteignent pas, rigide sous sa puissance de pouvoir, elle me fait peur ; je vois son gros pistolet sur le côté qui m’effraie plus encore. Elle a laissé la porte entrouverte, l’idée me vient que si je n’obtempère pas, elle appellera ses collègues à sa rescousse. Obligée d’exécuter ses ordres, qq chose se passe en moi, terrifiée, je sens que je vais disjoncter ou mourir de stress. Là d’un coup je me sens dissociée de mon corps, mes émotions se paralysent, J’ai conscience de tout, j’entends tout, mon corps obéit aux ordres démoniaques de cette femme sans état d’âme. Je me tais, me regarde agir, mon corps devient automate.
Chacun de mes vêtement ôté est palpé jusqu’à me retrouver entièrement nue. Elle me demande de me déplacer contre un mur, j’ai dû m’exhiber à m’accroupir en sautant, jambes écartées devant elle, ouvrir la bouche avant de pouvoir me rhabiller.
Je reviens dans mon corps, je me sens tellement indignée, atteinte extrême à ma dignité, mon intimité de femme. Comment est-ce possible de subir un traitement aussi odieux alors que je ne suis coupable de rien ? Je me sens impuissante devant l’abus de pouvoir, salie, tellement profondément violée dans le respect de ma pudeur. Je suis ramenée vers l’adjudant et lui dit combien je suis humiliée par ce que je viens de vivre, pas de réplique de sa part. L’horreur ne s’arrêtera pas là
Le temps passe, l’audition se poursuit, il est environ 18 h 30, les organismes ferment, ou ont déjà fermé. Je ne dois pas trop parler et suis reprise plusieurs fois de me taire car c’est l’adjudant qui pose les questions. Aucun doute ne sera levé. De plus en plus abasourdie, je sens le découragement m’envahir.
Je ne peux rester debout, on me fait asseoir systématiquement. Mon fils, que je ne peux pas voir, me fait passer quelques aliments + 8 cigarettes que je compte (chiffre important à connaître, mon fils me le confirmera à ma sortie). Je demande à en fumer une, deux gendarmes m’entourent jusque dehors où je suis priée de rester assise. Je leur pose des questions sur cet enfermement abusif, injustifié, la réponse, entre autres, est qu’ils me font une fleur de ne pas me menotter, « ça vous fera de bons souvenirs ! Vous n’êtes pas bien avec nous ? » Vraiment je suis abasourdie de tant d’irrespect.
Je dois rester encore ½ heure assise dans les bureaux, bien entourée, pendant que l’adjudant prend conseil auprès de Monsieur X, vice-procureur du 38 pour connaître sa décision à ce niveau de leur procédure, c’est-à-dire continuer ma garde à vue ou me laisser libre de rentrer chez moi. Le verdict tombe : « nous vous gardons ici sur la décision du vice-procureur » !!!!
Je suis conduite en cellule telle une criminelle, j’ai envie de hurler et en même temps avance comme une automate. Me rebeller ne ferait qu’aggraver ma situation. Moi qui avais tendance à faire confiance en général, au respect de l’humanité en particulier, tout s’écroule dans mon cœur, ma tête n’arrive plus à penser comment j’ai pu en arriver là ?
Je veux témoigner de ce lieu de détention « dégueulasse » : porte, sol, murs d’une saleté repoussante, tout est gris-noir ciment, un WC turque dont l’odeur d’urine envahit l’espace, pas d’eau, juste une entrée de lumière par des blocs de verre tout en haut, une veilleuse intérieure permanente renseigne un judas extérieur ; l’état d’une couverture tellement crade et puante témoigne d’un grand nombre de services rendus ; j’ai eu si froid que j’ai dû m’en servir. Une banquette de ciment recouverte d’une plaque de quelques centimètres d’épaisseur, toute aussi hideuse que l’ensemble de ce lieu repoussant. Oui, c’est donc là, dans une insalubrité innommable que monsieur le vice-procureur de la république a décidé d’enfermer Madame Sapin pour la nuit, pourquoi ? Par punition de n’avoir pas apporté son innocence ? Pour lui faire retrouver sa mémoire de faussaire ? Par pure sadisme auprès d’une femme sans défense, atteinte dans ses droits de citoyenne ? Peut-être juste parce que cet homme doit faire un quota de gardes à vue pour justifier la présence de ses équipes, en hauts lieux ?
Je n’ai plus de montre, mais estime vers 20 h l’heure à laquelle l’adjudant est venu déverrouiller ma porte pour que je puisse me sustenter. J’ai peu mangé, ma gorge et mon estomac noués..Pendant ce bref repas, gardée par l’adjudant assis à son bureau, je me permets de lui redire mon indignation « vous voulez faire du zèle avec moi , Monsieur ! ».Il se retranche derrière le cadre de la justice, pas de zèle, il fait son boulot ! Ici, on ne discute pas, exécution des ordres et soumission des détenus ! Je demande à sortir fumer mais ne pourrai pas, c’est l’équipe suivante qui me fera sortir. Je jette un œil sur les 7 cigarettes qui devraient rester, surprise : il n’en reste que 4 ! Quelqu’un s’est donc servi ! Je suis conduite dans ma cellule où je crains de toucher tout ce qui m’entoure. Je m’assois, ma tête me fait souffrir, un bruit de pas continu, de paroles, de portes. La geôle d’à côté a trouvé preneur, j’entends des voix qui se fâchent, des bruits étranges presque inquiétants.
Le jeune gendarme, qui accompagnait l’adjudant dès le départ de mon cauchemar, vient ouvrir ma cellule pour que je sorte fumer, il me tend une des cigarettes laissées par mon fils, il en garde une autre, cachée maladroitement dans sa main et je vois qu’il n’en reste plus que 2 ! Je lui dis que je ne suis pas dupe, il en restait bien 4, il ne me répond pas. Ces cigarettes étaient pourtant destinées à moi seule, pourtant par deux fois il m’en a été volé, 4 en tout. Oui, ce jeune gendarme m’a volée ! JE L’AI VU DE MES YEUX !
Si on exige du citoyen lambda que je suis de respecter la loi, ce n’est pas pour que les forces de l’ordre la violent ! En plus, dans cette gendarmerie il y a un ou des voleurs de cigarettes ! Comment est-ce possible que ces types, dits gendarmes, se conduisent aussi mal ? Je ne voudrais par le croire, pourtant oui, je l’ai vu de mes yeux. Ce jeune gendarme me fait horreur. Je vis ces instant de trahison, ma naïveté s’écroule. Mais pourtant je les croyais intègres ! Trahison !
Je précède le jeune gendarme pour sortir dehors, obligée de m’asseoir, je respire à pleins poumons l’air frais. Oui, je suis encore vivante mais pas encore libre, aucune preuve de ma bonne foi. Un moment de chaleur : un autre gendarme vient nous rejoindre dehors pour fumer, je le reconnais, j’ai travaillé plusieurs fois avec cet homme sur mon lieu de travail en toute cordialité. Il m’interroge du regard en me reconnaissant « mais vous êtes madame Sapin ? » -oui « pourquoi vous êtes là ? » Je lui explique brièvement cette injuste affaire dont je suis victime. Il ne fera aucun commentaire, il s’en va.
Il me faut rejoindre maintenant cette affreuse piaule puante pour la nuit, j’ai très froid jusque dans mes os. Toujours escortée de près, je passe dans un bureau où plusieurs gendarmes sont présents, je demande une autre couverture. Il n’y en a pas, une seule est prévue par cellule d’enfermement. J’avais souhaité garder mon blouson chaud avec lequel je suis arrivée ici, mais il a une fermeture éclair, demande refusée. Pourtant je suis gelée, je grelote, mélange de fatigue, de nervosité et de révolte. La porte de la nuit s’ouvre, je me sens terrifiée par de longues heures dans ce lieu de saleté et puanteur. Chance ! Avant qu’elle ne se referme, le brave gendarme qui m’a reconnue tout à l’heure vient me tendre mon blouson, je le remercie de sa gentillesse, d’humanité à mon égard, il m’a touchée d’oser le faire. Je veux garder mes chaussures pour protéger mes pieds de la saleté du sol, je dois laisser les lacets derrière la porte.
Toute le nuit, j’essaie de comprendre pourquoi ceci et pourquoi cela. Oui, je vais même trouver le comportement de ce vice-procureur et ses gendarmes pervers, oui, il y a une forme de perversité dans leur comportement à mon égard. Tous voient que je souffre, pourtant … Tout mon dos, mes cervicales, mes épaules, mes hanches ne font souffrir. Ca tambourine dans ma tête qui semble vouloir exploser, j’ai très mal. Impossible de m’allonger sur cette couche sale, mes yeux me brûlent pourtant je n’ai pas pleuré, pas encore ! Mille questions sans réponses me traversent l’esprit :
-Peut-être que mes terribles conditions de détention n’intéressent personne ?
-Qu’est-ce que je n’ai pas dit, pas su dire, pas penser à dire, pour éviter toute l’agression de cette arbitraire et abusive garde à vue ? Suis-je dans un film d’horreur nazie ou de fiction ? La France un pays de droit, quel comportement fascisant !
-Voilà que je me remets en question, je suis « presque » fautive d’être là, c’est le comble !
-Oui, mon duplicata de permis de conduire porte une erreur de numéro, mais je n’y suis pour rien, alors pourquoi suis-je là ? Dans ce lieu puant, qu’ai-je fait pour mériter ça ?
-Il est tellement plus facile d’enfermer, une brave dame soupçonnée coupable sans preuve en l’humiliant, plutôt que de déployer son énergie d’homme, ailleurs, il y a de quoi faire pourtant ! Attraper nombres de mafieux de toutes sortes dans les banlieues par exemple ! Beaucoup + risqué qu’une femme naïve, sans défense.
-Pourquoi ne pas m’avoir donné un délai d’une semaine, voire deux, pour trouver d’où vient cette erreur ? Au lieu de me mettre au cachot, m’y faire vivre des conditions extrêmement traumatisantes ?
-Pourquoi cet adjudant a passé tant de temps sur mon dossier vide de preuve , sinon celles de son imaginaire? N’aurait-il pas pu le faire sans ma présence ?
Je me sens en détresse. J’essaie de m’assoupir : il me revient le rendez-vous que j’ai manqué avec un éventuel acquéreur Il doit être 4 ou 5 heures du matin, je bataille entre le chaud et le froid de mon corps, je n’ose pas trop toucher cette couverture si sale. J’attends le jour derrière la petite lucarne. Ma gorge se serre, je sens rouler quelques larmes en regardant la réalité des scènes d’humiliation en face : le mépris, la mauvaise foi que j’ai reçue depuis hier sont trop de violences que je ne mérite pas, la fouille à nue, leur cynisme ; et là je pleure, je pleure sans tenter de m’arrêter tellement je suis gonflée par ma souffrance.
Vers 9 h, le multiple déverrouillage de la porte m’autorise à sortir. C’est l’adjudant qui me libère de ce lieu infâme en me demandant si j’ai bien dormi !!! Quel mépris encore … je lui demande de ne pas me faire de provocation.
Je m’assois devant son bureau ; il me dit que les choses s’arrangent pour moi car la préfecture du 38 vient de lui certifier que le duplicata en ma possession, avec le faux numéro donné par la préfecture du 69, a bien été émis par elle. Mes larmes coulent sans cesse.
Et pourquoi n’aurait-il pas commencé par ça hier ???? Appeler la préfecture du 38 de suite ??? Je ne saurai pas. Je suis trop épuisée pour poser cette question qui, de toute façon, trouvera une réponse de non remise en cause de son comportement.
Quand je dis à cet adjudant que j’ai été victime d’une grave erreur de leur part, il me répond sèchement qu’il n’y est pour rien, il n’a fait que suivre « la procédure » imposée par le vice-procureur … Devrais-je me satisfaire de sa réponse ?
Je vais donc pouvoir sortir de cet enfer puisque je suis, enfin, reconnue non coupable ! Encore et encore des pages d’écriture que je signe après l’adjudant. Je ne peux m’arrêter de pleurer en repensant à tout ce que j’ai dû vivre de dégradant, de honte pour rien !! Oui, pour rien, quelle injustice dans une France qui se dit pays de droits ! Personne ici, ne m’a laissé le droit d’être innocente. Cet adjudant n’a jamais voulu entendre ma version. Mais pourquoi ne pas avoir employé ses compétences pour vérifier ce défaut par lui-même avant de me convoquer ? Je lui reconnais une profonde incompétence professionnelle et d’humanité ! J’ai honte pour mon pays !
Le comble : il me signifie que je devrai, moi-même, me rendre dans les archives de la préfecture du 69, pour trouver les documents d’inscription de mon auto-école, ainsi que le numéro original de mon permis de conduire, qu’il me faut prévoir une pleine journée peut-être !!! De poursuivre qu’il ne faut pas tarder « vous pensez y aller quand ? » je ne réponds pas, je suis trop choquée, secouée par ma destruction psychologique, je n’arrive même plus à penser et n’ai qu’une envie : sortir de là. Cependant, un sursaut lumineux de dignité, en moi, l’informe que je veux m’exprimer sur cette détention « mais vous en avez déjà parlé ! » – non, je veux en rajouter. Il est mécontent, mais m’écoute cette fois et prend mes paroles. Il m’avertit que mon fils est venu me cherche et m’attend dans l’accueil.
Toujours en pleurs, dans un brouillard glauque, j’enfile mon blouson, pose mon chapeau sur la tête, oui, ce chapeau qu’il m’avait ordonné sèchement d’enlever dès que je me suis assise devant lui hier la première fois « commencez par enlever ce chapeau ! ».
Il n’y aura pas un mot de compassion, de soutien ou de regret, d’excuse, aucun état d’âme, c’était la procédure demandée par monsieur le vice-président de Vienne ! J’ai envie de mourir, je ne vois que cette solution définitive pour me libérer totalement de la saleté que je porte en moi , je viens de perdre ma dignité, je ne me sens plus respectable … tellement honteuse d’avoir subi cette dégradation : « viol phsychologique ».

Je retrouve les bras chaleureux de mon fils dans la salle d’accueil ; lui aussi est choqué, je vois des larmes perler dans ses yeux. Je rentre meurtrie, salie, humiliée et tellement fatiguée, tout mon corps n’est que douleur, comme pris dans un étau. Je sens le terrible préjudice moral, le traumatisme profond dont je suis atteinte : violence dans mes biens, mon corps, mes sentiments, mon honneur.
Trois douches-shampoings successives ne suffisent pas à laver mes blessures. Tous les vêtements que je portais dans un sac poubelle, jetés pour toujours, ils sont trop sales, jamais je ne pourrai les remettre.

 Messieurs en uniforme, je croyais naïvement que vous étiez en fonction pour nous protéger. Toute la confiance que je vous portais est définitivement anéantie. Force m’est de constater, hélas, que je vais vous suspecter d’être des loups dangereux ; je vais me méfier de vous.

Quand l’uniforme donne tous les pouvoirs … même ceux de saccager une vie innocente, je comprends que les gens se suicident en sortant d’une aventure aussi éprouvante et malsaine, lorsqu’ils ne sont pas coupables, et peuvent s’accuser à tort pour en finir avec les pressions et menaces.

————–

Si vous avez regardé FR3 le 20/03/2010 à 23 h 30, un reportage documentaire sur « garde à vue, ça peut vous arriver … » vous comprendrez, par les témoignages, quelle épreuve terrifiante, traumatisante, inacceptable, tellement injuste pour mon cas, j’ai dû vivre.

Incoming search terms:

  • maude sapin
  • recit deshabillage forcé
Share SHARE

À propos de FLASH1ER

Bonjour cher lecteur de mon blog, La photo que vous voyez en tête de ma page représente le haut de la villa que nous avons habité de 1986 à l'an 2000. Nous habitons maintenant la résidence du Palais Victoria, dans le nouveau quartier du Béal. La photo de celui-ci ainsi que mes coordonnées figurent dans mes sites http://www.cany1.fr et http://cany.eu Je suis né en 1930. J'ai obtenu le Certificat d’Études Primaires et effectué 3 ans d'études secondaires dans un Collège de Jésuites, à Saint-Calais dans la Sarthe, en section classique (latin, grec). J'ai acheté mon premier micro-ordinateur en 1975, au SICOB à Paris-La-Défense. J'ai travaillé à l'AFP à Paris, comme télétypiste hors classe. Je tapais à 86 mots-minute minimum. Test effectué durant 15 minutes sans erreur. J'ai élevé 5 enfants (à 27 ans, j'en avais déjà 4). Je n'ai jamais eu un jour d'arrêt de travail jusqu'à ma retraite que j'ai prise à 60 ans. Au contraire, j'ai eu des périodes où je travaillais pour deux employeurs (75 heures par semaine en moyenne). J'ai créé et géré le 1er Secrétariat Privé de Télex au Monde en 1962 (FLASH TELEX). Il n'y avait alors que 2000 abonnés au Télex en France... J'ai créé et géré également la 1ère entreprise de travail temporaire exclusivement réservée aux télexistes (FLASH OFFICE) et le CENTRE NATIONAL PRIVE DE FORMATION DE TELEXISTES dont j'ai été nommé Directeur par le Rectorat de Paris en 1964. Depuis 2006, je diffuse divers abattants WC japonais sur mes sites cany.eu et cany1.fr. Ces abattants-bidets permettent une hygiène impeccable en supprimant le papier-toilette non hygiénique. Ils remplacent très avantageusement les bidets ordinaires obsolètes en ne prenant aucune place supplémentaire...
Ce contenu a été publié dans Faits de Société, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.
Fatal error: Uncaught Exception: 190: Invalid OAuth access token signature. (190) thrown in /htdocs/public/www/wp-content/plugins/seo-facebook-comments/facebook/base_facebook.php on line 1273